Historique de la ville de Mbour

La communauté mbouroise accepte la thèse qui soutient la primauté l’occupation sérère. Selon la version commune, au début du XIXe siècle, le Sine et le Cayor étaient déchirés par des guerres. Certaines familles durent fuir, l’une d’elle arriva à Mbour et se fixa à l’emplacement actuel de la préfecture de la ville.

Deux versions se disputent l’origine du nom de la ville. La première évoque l’expression sérère « A Mbouara Adett» qui signifie littéralement : « Ils ont quitté et ils sont partis ». La seconde attribue la fondation du village de Mbour à un certain Mbour Faye qui lui aurait donné son nom.

Par la suite, les colons arrivèrent en grand nombre, pour s’installer le long du littoral et firent de Nianing leur fief. Plus tard, la maladie du sommeil les poussa à se déplacer vers Mbour pour y transférer la résidence du commandant chef de subdivision; la population les y rejoignit progressivement.

Il ressort de ce bref aperçu que les Sérères, suivis par les Socés, sont les premiers occupants de la ville. Aujourd’hui, la ville est devenue cosmopolite avec l’arrivée des autres ethnies (Wolof, Al-pular, Maure…), des étrangers de la sous-région, mais aussi des libano-syriens, des caucasiens, des asiatiques etc.

L’érection de Mbour en commune a donné un coup de fouet à sa croissance. La commune mixte de Mbour a été créée le 04 Décembre 1926 et l’arrêté n° GB152 du 12 janvier 1927 du gouverneur général des colonies qui nommait les premiers membres de la commission municipale, qui étaient tous des citoyens français.

Vers les années 1930, la nouvelle commune de Mbour était composée de deux bourgades : les blancs d’un côté, les indigènes de l’autre. C’est par la suite, avec le peuplement progressif que les quartiers se formèrent avec des chefs à leurs têtes.

L’expansion de la ville s’est faite en quatre étapes :

  • avant la période coloniale ;
  • de 1922 à 1945 ;
  • de 1946 à 1976 ;
  • de 1977 à nos jours.
La première étape de cette évolution spatiale va des premières installations des populations à l’arrivée des Français en 1922. Durant cette période, l’occupation du site se limitait essentiellement au littoral, avec les localités d’implantation des immigrants Sérères, Socés et Lébous. Cette étape est essentiellement caractérisée par un faible taux d’occupation de l’espace.

La seconde phase concerne la période allant de 1922 à 1945. Elle est marquée par des opérations de déguerpissement, consécutives à la présence coloniale et qui vont bouleverser profondément la structure urbaine de Mbour. C’est ainsi qu’une partie des Sérères déguerpis va fonder l’actuel quartier Mbour-sérère II, situé 2 km plus à l’Est du site originel. Il en est de même de la création des quartiers Thiocé-ouest et Santessou, respectivement en 1922 et 1936, suite au déplacement des Mandingues de l’Escale. Cette période est aussi le témoin du peuplement des quartiers Mbour Toucouleur et Tefess par les populations toucouleurs et lébous attirées par les potentialités économiques de la ville naissante.

Au cours de la troisième phase correspondant à la période 1946-1976, les installations se sont poursuivies et le tissu urbain s’est davantage étoffé. Cette phase a engendré la naissance des quartiers Darou Salam et Mbour maure à l’Est de la ville. C’est également pendant cette période que la ville a connu une extension rapide et auréolaire à partir du noyau originel formé autour du quartier Escale.

La quatrième et dernière étape de 1977 à nos jours, est marquée par une poursuite de l’extension périurbaine. La présence de l’océan limite toute possibilité d’extension vers l’Ouest. C’est ainsi que les quartiers centraux et péricentraux comme Thiocé-Est, Thiocé-Ouest, Tefess et 11 Novembre ont connu une forte croissance spatiale. C’est dans ce contexte que sont nés les sous quartiers Diamaguene I, Diamaguene II, Château d’eau Nord et Château d’eau Sud, qui constituent les prolongements respectifs de ces différents quartiers. Pendant cette période, la superficie de la ville a connu une évolution exponentielle, passant de 522,9 ha en 1978, 845,5 ha en 1989 à 1725 ha en 1999.

Une autre couche va se greffer sur ces quartiers à partir de 2000 avec les lotissements des quartiers : Médine, Médine Extension, Grand-Mbour, Liberté I, Liberté II, Gouy Mouride, Terrou Mbaling, Baye Deuk. Cette croissance spatiale, qui s’est opérée en grande partie sur les terres de la Communauté Rurale de Malicounda, suscite de réelles tensions entre les deux entités administratives.
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Source:
Monsieur Mandiaye FALL
Professeur d'Histoire-Geographie
Consultant en Gestion du Patrimoine Culturel

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