L'économie urbaine de la ville de Mbour

L’analyse du contenu urbain de la ville de Mbour permet de la situer dan s son milieu en identifiant les liens qu’elle tisse avec la zone qui l’entoure et dont elle est solidaire.

Villes et Flux: les facteurs de polarisations

Les  ressorts  et  les  mécanismes  de  l’attraction  urbaine  sont  très  complexes. L’attraction d’une  ville résulte des pouvoirs de commandement et de la qualité des services offerts à sa zone d’influence. La connaissance des flux, de différents types, que l’existence de la ville détermine, apparaît comme l’indispensable complément de la connaissance du  contenu urbain. L’étude  de  l’économie  urbaine  permet  ainsi  de  mettre  en  évidence  l’intensité  et  la nature des relations entre la ville et son hinterland.

L'hiterland de Mbour

La  mise  en  évidence  des  flux  et  des  zones  d’influence  a  permis  de  définir  deux principales aires de polarisation pour la ville de Mbour. Il s’agit de :

  • l’aire d’attraction des services rendus par la ville qui concernent aussi bien les équipements scolaires et sanitaires, que le quai de pêche ;
  • l’aire de provenance des produits commerciaux qui révèle que la commune est dépendante des centres urbains de hiérarchie supérieure, notamment Dakar et Kaolack.

Aire d'influence des équipements scolaires

Pour  cerner  l’aire  d’influence  des  équipements  scolaires,  des  enquêtes  ont  été menées  sur  l’origine  géographique  des  élèves  reçus  dans  les  établissements scolaires  de  Mbour.  Les  résultats  de  ces  investigations  menées  au  niveau  des établissements  secondaires  révèlent  que  ces  écoles  polarisent  des  élèves  de l’ensemble  des  régions  du  Sénégal.  La  région  de  Thiès  est  la  plus représentée avec 30 % des effectifs (soit 1667 sur les 4918 élèves non originaires de Mbour dans les neuf établissements d’enseignement moyen).

La capacité des équipements et les liaisons déterminent l’aire d’influence d’une ville. Ainsi, la position de la ville de Mbour et le réseau de circulation qui la relie aux autres établissements humains du pays lui permettent de drainer des élèves de toutes les régions. Par ailleurs, la bonne  réputation des écoles de Mbour telles que le Lycée Demba  Diop  et  les  collèges  privés  catholiques  a  une  incidence  sur l’affluence  des étudiants.

Aire d'influence des structures sanitaires

L’aire  d’influence  des  structures  sanitaires  est  analysée  à  partir  des  résultats  du dépouillement  des  registres  de  consultation,  qui  a  permis  d’identifier  les  lieux  de provenance  des  malades.  La  commune  de  Mbour  bénéficie  d’un  nombre  assez important de structures de santé. En dehors des structures tr aditionnelles (centres de santé, postes de santé, PMI), la ville dispose d’un laboratoire d’analyses médicales, de cabinets médicaux, d’une clinique ophtalmologique et d’un service des grandes endémies. L’existence de toutes ces structures fait de la ville  de Mbour un lieu de recours  aux  soins  de  premier  ordre.  La  ville  polarise  aussi  bien  les  malades  des départements de Mbour, de Thiés, de Tivaouane, de Dakar, de Rufisque que ceux des régions limitrophes notamment Kaolack et Fatick (cf. carte 7). Toutefois, il faut noter  que  le  rayonnement  des  structures  sanitaires  de  Mbour  est  limité  par  la proximité  des  hôpitaux  de  Thiès  et  de  Dakar.  Aussi,  leur  aire  d’influence  est  plus restreinte que celle des établissements scolaires.

Aire d'influence de la fonction commerciale

Les enquêtes menées dans les marchés de Mbour ont permis de déterminer l’aire d’approvisionnement de la ville. L’enquête clients permet aussi de déterminer l’aire de desserte de la ville.

Les  résultats  de  ces  enquêtes  révèlent  que  Mbour  approvisionne  en  produits halieutiques  les  autres  régions  du  Sénégal.  Elle  est  par  contre  fortement  tributaire des autres centres urbains, notamment Dakar et Kaolack,  pour l’approvisionnement en produits manufacturés. Elle sollicite aussi les localités à forte production horticole pour  l’acquisition  de  produits  agricoles  (cf.  carte  8).  L’effet  de  polarisation  de  la fonction  commerciale  est  par  nature  hétérogène,  selon  q ue  l’on  considère  le commerce de détail, du gros et du demi-gros et selon la nature du produit vendu ou acheté.

Le  commerce  de  gros  et  demi  gros  est  exercé  dans  les  magasins  situés principalement  au  quartier  Escale.  Les  produits  commercialisés  sont  constitués  de produits alimentaires (riz, sucre, conserves, etc.) et de produits manufacturés (tissus, ustensiles,  chaussures,  pacotille...)  achetés  à  Dakar,  Kaolack  et  en  Gambie.  Les clients proviennent des localités du département de Mbour telles que Joal-Fadiouth, Malicounda, Saly, Nianing, Ndiaganiao, Sandiara etc.

  • Le commerce de détail

Le commerce de détail est caractérisé par la grande diversité des produits vendus. Il s’agit principalement des produits:

  • alimentaires ;
  • manufacturés ; et
  • agricoles.
  • Le commerce des produits halieutiques

Les cartes de flux commerciaux de poissons frais et transformés mettent en évidence l’étendue de la zone d’influence de la ville de Mbour dans le commerce des produits halieutiques (cf. cartes 9 et 10). Les poissons débarqués à Mbour sont vendus aussi bien à Dakar que dans les autres régions du Sénégal.
Les poissons « nobles » sont expédiés vers les pays européens tels que le Portugal, la  France,  l’Italie  et  la  Belgique.  Les  produits  transformés  (poissons  fumés  et poissons séchés) sont exportés surtout vers d’autres pays africains tels que le Togo, le Burkina Faso, la Guinée Bissau, le Ghana, le Congo, etc.

  • Les produits alimentaires

Il apparaît que le commerce des produits alimentaires occupe l’essentiel de l’activité commerciale  avec  56,78  %  des  ventes.  Leur  aire  d’approvisionnement  révèle  la dépendance de la ville par rapport  à la capitale d’où proviennent plus de 90% des marchandises.

  • Les produits manufacturés

Les produits manufacturés représentent 38,43% du commerce de détails. Tous les commerçants  s’approvisionnent  à  Dakar pour la  quincaillerie  et  autres  produits.  Les  produits  vestimentaires  viennent  des  pays européens  et  asiatiques ainsi que de la sous-région, notamment la Gambie, le Mali, le Togo, la Guinée, etc.

  • Les produits agricoles

Le commerce des produits agricoles est dominé par  les céréales locales, les fruits et les légumes qui représentent 5% des ventes. Les légumes viennent principalement des zones de production horticole de Mboro, du Gandiolais, de Potou ainsi que de l’arrière-pays de Mbour. Les céréales sont  achetées dans les marchés hebdomadaires de la région de Kaolack, Fatick, Tambacounda, Kolda, et Podor.

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Source: CABEX SARL

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